Mardi 9 octobre 2007
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Le dernier sallon "Millipol" vient de fermer ses portes à Paris.
Ce salon présente chaque année le parfait attirail de l'apprenti bourreau, censé mieux protéger l'ensemble de nos concitoyens des dangereux criminels qui hantent notre territoire et plongent la
France dans un climat d'insécurité (dans lequel il paraîtrait que nous vivons aujourd'hui...).
C'est l'occasion, par exemple, de nous montrer la nouvelle génération de "Tazer", sorte de munition bardée d'électronique prévue pour neutraliser une personne malveillante sans la tuer, sauf que
certaines, sûrement de faibles constitutions, n'ont pas survécues. Dommages collatéraux...
C'est aussi l'opportunité d'annoncer l'arrivée, au dessus de nos têtes, de petits avions en polystyrène, fruits des dernières innovations technologiques : les drônes.
On aurait pu croire à des jouets pour adulte immature en manque de distractions, mais non, c'est la police de demain.
Ce type d'appareil n'est pas nouveau, il est très fréquemment utilisé par l'armée dans des conflits comme l'Irak ou encore l'Afghanistan. La France, elle, n'est pas en guerre... Pourtant, Michelle
Alliot-Marie, notre ministre de l'interieur, reste favorable à l'utilisation de tels jouets, sûrement pour remédier à la morosité ambiante des commissariats.
Ces onéreux petits jouets survoleront désormais les cités françaises à la recherche des criminels qui, à coup sûr, cesseront toute activité mal intentionnée à la vue de ces petits avions!
Quoi de mieux pour réconcilier la police avec la population que de se savoir constamment sous surveillance, sous l'oeil aiguisé d'un drône?
Un rapport accablant, sorti il y a quelques mois, dénoncait vivement la dégradation constante des relations entre la police et les citoyens dans le département de Seine-St-Denis. Alors que
l'expérience de la police de proximité commençait à porter ses fruits, les habitants des quartiers regrettent ce revirement de situation, ce retour à la sanction plutôt qu'à la prévention et à la
communication.
Elles sont déjà loin les années 2000, avec nos bons vieux îlotiers rondouillards qui sillonaient les quartiers sur leurs vieux scooters Peugeot, toutes moustaches au vent, et qui donnaient à la
police un petit côté sympathique.
Mais ce temps là est désormais révolu, la multiplication de caméras de surveillance faisait déja polémique, désormais en guise de toute présence humaine, de gros bras musclés s'entassent dans des
camionettes bleues et blanches prêts à bondir à la première occasion, pour remplir leurs quotas et dégainer leurs matraques.
La situation dans les cités françaises est déplorable et ne cesse de se dégrader au quotidien. Mais ce n'est pas avec des moyens militaires que l'on
résoudra les difficultés. Le financement exhorbitant de tels engins privera la population de moyens humains et financiers, utiles pour inverser une guéthoisation qui, avec une telle politique,
paraît incontournable...
Par Bastien
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Publié dans : Actualité politique
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